Lautomne s’achève avec son lot de bonnes et de moins bonnes nouvelles. Une pétition a permis de sauver le site de la Corderie antique à Marseille (ve siècle avant Jésus-Christ) ; l’hôtel Mezzara, construit par Hector Guimard en 1910 à Paris, va être ouvert au public ; non contente d’avoir obtenu les JO, la France va recevoir également le championnat du monde de rugby puis l’Exposition universelle, les entreprises du Btp frottent les mains, les architectes rêvent. Pendant ce temps-là, la Sncf, soucieuse d’économie, réinvente les trajets Paris-Lyon en 4 h 30 et bat des records de désorganisation ; Donald Trump, ignorant tous les avis, attise les braises au Moyen-Orient ; puis, coup sur coup, le décès de Jean d’Ormesson suivi de celui de Johnny Hallyday nous ont fourni l’occasion de commémorations patriotiques comme si nous avions besoin de nous rassurer (on n’en a pas fait autant pour Hubert Damisch) ; l’immobilier à Paris bat des records et l’effet d’entraînement du Grand Paris et des JO fait monter ceux de la Seine-Saint-Denis ; le commerce abandonne le centre des petites villes. Ces quelques nouvelles prises en vrac dans les quotidiens recoupent un grand nombre de questions que nous nous posons aussi bien dans les dossiers que dans les éditos, en particulier dans ce numéro.

Après le numéro double 19-20 qui clôt l’année 2017, Tous urbains commence sa sixième année avec un dossier consacré aux petites villes et aux villes moyennes françaises qui, touchées par les effets de concentration de la mondialisation, se sentent plus ou moins déclassées, voire délaissées. Le déplacement du Premier ministre et de treize membres du gouvernement à Cahors pendant trois jours pour la Conférence des territoires au moment où nous bouclons ce dossier, suivi quelques jours plus tard par la déclaration de la ministre de la Culture indiquant sa volonté de revivifier les petites villes et les centres-villes indiquent, s’il était besoin, l’actualité du sujet. Partant de ces inégalités qui traversent les territoires, c’est l’occasion de s’interroger sur la réorganisation d’une géographie héritée de la révolution (organisation hiérarchique du pouvoir d’État), qui cède la place aujourd’hui à une autre logique. Le tout couronné par la métropole du Grand Paris, seule unité urbaine française à pouvoir prétendre au statut de ville-monde. En quelques décennies, la carte centralisée du réseau de chemins de fer, qui tant bien que mal irriguait l’Hexagone d’une façon assez égalitaire, a été remplacée par de nouvelles figures que dessinent le Tgv et les grandes autoroutes, laissant encore de côté une bonne part du territoire national. Changement radical qui emporte peut-être les derniers vestiges de la France rurale de 1950. Tout naturellement, le dossier s’achève par un entretien avec Éric Chauvier autour de son dernier ouvrage consacré à Saint-Yrieix-la-Perche.

Outre le dossier, vous retrouverez les rubriques habituelles avec les dessins de Natacha Debracke, quelques notes de lecture et un télégramme de Seattle sur les villes américaines face au Trumpisme, qui d’une manière ou d’une autre fait un lien avec le Droit à la ville, évoqué tout au long de l’année dans plusieurs numéros. L’année 2018 sera d’ailleurs l’occasion d’un colloque à ce sujet, auquel Tous urbains participe et dont les dates sont maintenant fixées : mercredi 4 avril à l’Hôtel de Ville de Paris autour du thème de la pensée urbaine de Henri Lefebvre et jeudi 5 avril à la Maison des sciences de l’homme Paris Nord à Saint-Denis autour de la question du Droit à la ville aujourd’hui et des associations qui dans divers pays en font une revendication.

Et pour finir, Tous urbains vous présente ses meilleurs vœux pour 2018.

 

Philippe Panerai

 

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