Notre crédo

La mondialisation contemporaine, celle qui s’accorde aux nouvelles technologies et déplace les sites industriels hors d’Europe, ne se résume pas à la seule mondialisation économique. Elle correspond également aussi à une mondialisation urbaine : entamée au XXe siècle, fort visible sur les cartes, celle-ci est très rapide et souvent douloureuse. Ce dont témoignent la croissance endogène dans les grandes mégapoles d’Amérique latine et les flux migratoires qui font passer de la campagne vers la ville en Asie et en Afrique.

L’urbanisation contemporaine ne signifie pas que la Terre entière est une gigantesque construction mais que les mœurs urbaines se diffusent dans l’ensemble des territoires et affectent tous les paysages. Instituée historiquement à côté de la campagne, face à la forêt et au désert, l’urbanisation est désormais sortie de ses gonds, elle s’est retournée sur elle-même et pénètre tous les espaces. Il faut dès lors réinventer un univers urbain susceptible de « faire monde » comme la ville a pu le faire à une époque où elle marquait encore des limites. Habiter se décline pour tous à toutes les échelles et à toutes les vitesses.

Les entités urbaines ne sont plus autonomes, toutes subissent la pression de flux qui sont techniques, migratoires, économiques et naturels. Le global est partout dans le local, le devenir urbain passe par l’interconnexion matérielle et immatérielle : dans ces conditions le repli dans le local et le retour au village sont des illusions. Il n’y aura de mondialisation urbaine habitable et soutenable que celle qui associe le global et le local. Après l’urbanisme industriel, saura-t-on inventer un urbanisme susceptible d’accompagner ces transformations dans les pays émergents ou ré-émergents ?

C’est rappeler que l’esprit de la ville est celui de la cité et de la démocratie. L’urbs et la civitas (l’urbain est un citoyen qui vote dans sa commune) allaient de pair en Europe, mais la tendance se renverse au bénéfice d’inégalités et de démarcations sociales et de murs urbains. La démocratie politique ne peut pas soustraire aux exigences de la démocratie sociale et de la démocratie urbaine. ONU Habitat annonce à grands renforts de trompettes que le XXIe siècle sera le siècle des villes… Mais de quelle ville veut-on vraiment parler ?

L’équipe éditoriale de Tous Urbains

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