Cette longue vacance dûe à certains problèmes techniques de transfert de domaine nous a privés d’échange plus réguliers , mais elle n’a pas amoindrie notre ambition . Ce site reprend donc avec la volonté de faire un point régulier que l’édition papier ne permet pas. Que s’est il passé récemment ?

L’automne soudain c’est transformé en hiver, il y a quinze jours il neigeait de Lyon à Valence comme si l’on était en moyenne montagne en février .personne ne s’y attendait . Tout s’arrête , Des milliers de logement sont privés d’électricité pendant plusieurs jours

Hier ce sont les rivières qui débordent avec fracas dans l’arc  sud-est,  du  Var au Gard, Mettant à la rue des centaines de familles. La terre tremble de nouveau en Ardèche et dans la Drôme . Comme si la planète voulait nous prévenir que cela n’allait pas bien, qu’il fallait faire attention à elle et arrêter notre mode de vie inconsidéré qui pousse à construire dans les zones inondables, à développer une  agriculture intensive dévastatrice des sols et à privilégier le rendement à court terme plutôt que d’investir pour l’avenir.  Une alerte aux Français qui n’est qu’un petit rappel local des questions planétaires….

On se dépêche avant la fin de l’année de célébrer quelques anniversaires. Le 19 octobre à Versailles on fête par une exposition les 50 ans de la création de l’école d’architecture, curieusement le directeur n’a pas cru utile d’y inviter les enseignants qui , dans les locaux encore inachevée des petites écuries ,avaient assuré en janvier 69 la première rentrée de l’école .

Le 24 octobre à Barcelone, on fête les 50 ans du Laboratorio d’Urbanismo (LUB), fondé en 1969 à l’initiative de Manuel de Sola-Morales..Une journée remplie de débats et de retrouvailles chaleureuses avec les fondateurs : Joan Busquets, Antonio Font, José Luis Gomes et leurs amis de toute l’Europe et d’Amérique. Une journée qui est aussi l’occasion de réfléchir ensemble à ce qui s’est passé depuis 50 ans et se termine par une exposition de leurs archives.  

 Mémoire d’un côté des Pyrénées, oubli de l’autre .

Et puisqu’il est question de mémoire , il faut saluer l’initiative de la Société Française des Urbanistes (SFU) et de l’OPQU d’avoir organisé à Lyon les 8 et 9 novembre dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Urbanisme, la célébration du centenaire de la loi Cornudet, première loi française imposant aux villes de plus de 10 1000 habitants d’établir un plan d’embellissement et d’extension dont la lecture (elle tient en 3 pages ) vous rendrait facilement nostalgique si l’on compare aux kilos de papier qui accompagnent aujourd’hui tout texte réglementaire. Une journée de tables rondes et de débats sur le thème : quelle ambition pour l’urbanisme aujourd’hui ? suivi d’une journée de visites qui rencontre opportunément le 150e anniversaire de la naissance de Tony Garnier architecte lyonnais , prix de Rome en 1899 , et auteur de la célèbre proposition de cité industrielle, dont le musée qui lui est consacré au cœur du quartier des États-Unis qu’il construisit dans les années ’20,  diffuse pour un prix modique un fac-similé complet de l’édition de 1917 .

La lecture de Tony Garnier et la visite du quartier des États-Unis sont une occasion remarquable de réfléchir sur l’état de la pensée urbaine en France abandonné à la veille de la prise du pouvoir par  l’architecture moderne. Moderne avant l’heure et revendiqué comme tel par ses successeurs Tony Garnier s’en écarte sur 2 ou 3 points essentiels :  il s’inscrit dans la voirie urbaine de la ville , il organise une distinction nette entre les espaces publics de voirie , les jardins publics , les édifices et les services publics, et les terrains dévolus à l’habitation privée, aux activités commerciales et , un peu à l’écart , industrielles.

Mémoire encore, le groupe de travail HENSA 20 (Histoire de l’Enseignement de l’Architecture au 20e siècle) a tenu à Paris son séminaire les 28, 29 et 30 novembre dans trois écoles : Malaquais, Val de Seine et La Villette.  qui, outre l’ouverture d’une exposition à Paris Malaquais le jeudi a évoqué l’enseignement de l’Architecture aux Beaux-Arts avant 68, puis après  avec une session consacrée à la création de l’Ecole Paris-Val-de-Seine et une autre aux expériences pédagogiques en matière de géométrie constructive (UP6-La Villette et UP1-Villemin) puis d’approche de la ville et d’architecture urbaine (UP3-Versailles et UP8-Belleville). Les questions soulevées dont certaines recoupaient le Tous urbains n°19-20, Mai 68, l’architecture et la ville méritent approfondissement et débat. Ce site rénové s’y prête.

Et puis la vie reprend son cours comme si de rien n’était : le 21 novembre, un jeudi, le beaujolais nouveau est arrivé ; une semaine plus tard  c’est Thanksgiving et sa dinde, la veille du Black-Friday pour relancer la consommation. Dans un mois Noël et les vacances. Bonne nouvelle, face à la mobilisation, le projet d’Europa city est arrêté, à quand la gare du Nord ?

En reprenant avec régularité les rubriques de ce site, vous aurez compris  chers lecteurs, notre détermination à ouvrir des débats avec la conviction que ceux-ci ne peuvent exister sans mémoire. 

Philippe Panerai

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